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Introduction : La santé sexuelle constitue un enjeu majeur en médecine générale, particulièrement chez les 18–26 ans, population fortement exposée aux IST. L’apparition du dépistage en laboratoire sans ordonnance transforme le parcours de soins, rendant intéressante l’exploration du vécu des jeunes face à cette nouvelle modalité. Méthodologie : Nous avons réalisé une étude qualitative par entretiens semi-dirigés auprès de jeunes adultes de 18 à 26 ans ayant réalisé un dépistage d’IST en laboratoire sans ordonnance. Dix entretiens ont été conduits jusqu’à saturation des données, puis retranscrits et analysés selon une approche thématique inspirée de l’analyse phénoménologique. Résultats : Le dépistage en laboratoire sans ordonnance est vécu par les jeunes comme un dispositif particulièrement facilitant : il supprime la contrainte du rendez-vous médical, réduit la charge mentale et permet un accès rapide, discret et moins chargé émotionnellement. Cette simplicité favorise un dépistage opportuniste, intégré aux habitudes de santé, et limite la crainte du jugement. Toutefois, cette modalité s’accompagne d’un accompagnement moins complet avec moins d’explications, notamment lors des premiers dépistages, pour comprendre les prélèvements, interpréter les résultats ou savoir comment réagir en cas de test positif. Le vécu des résultats montre une attente centrée sur la confirmation d’une négativité, avec parfois un besoin de “déchiffrage” face à un document perçu comme technique. En cas de positivité, les jeunes attendent surtout une prise en charge rapide et un accès immédiat au traitement. Enfin, le médecin généraliste reste en retrait dans ce parcours : malgré une confiance globale, il est peu sollicité pour la santé sexuelle, au profit de structures spécialisées ou du laboratoire, perçues comme plus anonymes, et plus adapté à leurs usages. Conclusion : Le dépistage sans ordonnance répond à une forte demande de simplicité et favorise une pratique plus régulière et moins stigmatisée chez les jeunes adultes. Néanmoins, la réduction du parcours médical rend indispensable une réflexion sur l’accompagnement, la qualité de l’information et l’articulation entre les professionnels de santé.