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L’insuffisance hépatique aiguë grave (IHAG) est une pathologie rare et parfois mortelle. Malgré des améliorations dans sa prise en charge invasive en réanimation, son pronostic reste réservé avec une mortalité de 50 % sans transplantation hépatique (TH). Des suppléances hépatiques extra-corporelles comme le Molecular Adsorbent Recirculating System (MARS) ou les échanges plasmatiques à haut volume (EPHV) ont été développées. Cependant, leur bénéfice sur la survie et leur place exacte dans la stratégie thérapeutique restent encore à définir du fait du manque de données. Nous avons mené une étude de cohorte rétrospective monocentrique dans le service de Réanimation Médicale du Centre Hospitalier Universitaire de Rennes chez tous les patients admis pour IHAG et qui remplissaient les critères usuels de TH entre 2001 et 2021. Les patients ont été consécutivement répartis en 3 groupes (A, B et C) selon leur date d’inclusion. La dialyse MARS était facultative et n’a été utilisée que pendant les périodes A et B. Les EPHV ont été mis en place durant la période C et étaient fortement encouragés. Le critère de jugement principal était la survie sans TH à J21. L’effet de la dialyse MARS a été évaluée en comparant les patients traités à ceux non traités durant les périodes A et B. Les patients traités par EPHV ont été comparés à un groupe témoin n’ayant pas reçu de suppléance hépatique considérée comme efficace. Les courbes de survie ont été comparées par les tests de Gehan-Breslow-Wilcoxon et de logrank. 199 patients ont été inclus dans l’étude (68 en période A, 70 en période B et 61 en période C). La survie sans TH à J21 n’était pas différente avec ou sans dialyse MARS (p = 0,1876). Cependant, les patients traités ≥ 17 heures (≥ 3 séances) avaient une meilleure survie sans TH à J21 que ceux traités < 17 heures ou non traités (78,6 %, 30,4 % et 43,8 % respectivement, p = 0,0002). La survie sans TH à J21 était de 55,6 % dans le groupe EPHV et de 38,1 % dans le groupe contrôle (p = 0,003, HR ajusté 0,54 (0,32 ; 0,93), p = 0,0257) et la survie globale était de 75,9 % et 52,9 % respectivement (p = 0,03). Ce bénéfice persistait chez les patients non-inscrits sur liste d'attente de TH (p = 0,0150) et chez ceux présentant des contre-indications à la TH (p = 0,0583). La dialyse MARS a amélioré la survie sans TH uniquement chez les patients ayant reçu ≥ 3 séances. Par rapport à un groupe contrôle historique, les patients traités par EPHV ont une survie sans TH plus élevée ainsi qu’une meilleure survie globale.