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Objectif : Identifier des biomarqueurs prédictifs de progression précoce chez des patients atteints de cancer de la prostate métastatique résistant à la castration (mCRPC) traités par radiothérapie interne vectorisée (RIV) par [¹⁷⁷Lu]Lu-PSMA-617, dans le but d’optimiser la sélection des patients et l’efficacité thérapeutique. Méthodes : Cette étude rétrospective monocentrique a inclus tous les patients, hors essai clinique, atteints de mCRPC ayant initié une RIV par [¹⁷⁷Lu]Lu-PSMA-617 entre juillet 2022 et décembre 2024 et ayant réalisé au moins deux injections, avec un suivi minimum de six mois. La progression précoce était définie comme une progression biochimique selon les critères PCWG3, ou comme un arrêt du traitement pour progression clinique ou radiologique, avant la troisième injection. Les données cliniques, les antécédents de traitements systémiques, ainsi que les paramètres d’imagerie TEP aux ligands du PSMA et TEP FDG à l’inclusion ont été analysés. Des analyses de régression logistique univariée et multivariée ont identifié les facteurs associés à la progression précoce. La survie globale a été estimée par les courbes de Kaplan-Meier et le test du log-rank a été utilisé pour évaluer la significativité statistique. Résultats : Au total, 87 patients ont été inclus. Une progression précoce a été observée chez 27 patients (31 %) et était associée à une survie globale médiane plus courte (11 mois [IC95 % : 5 –12] vs 22 mois [IC95 % : 16 – NR] ; p = 0,0011). Parmi les paramètres cliniques, biologiques et d’imagerie étudiés, seule une chimiothérapie de deuxième ligne par cabazitaxel et un SUVmean PSMA < 6,0 étaient significativement et indépendamment associés à une progression précoce (respectivement OR ajusté = 3,2 ; IC95 % : 1,02 – 10,6 ; p = 0,049 et OR ajusté = 12,6 ; IC95 % : 3,7– 50,9 ; p < 0,001). De plus, un SUVmean PSMA < 6,0 était également significativement et indépendamment associé à une moins bonne survie globale (médiane = 11 mois [IC95 % : 5 – 24] vs 22 mois [IC95 % : 15 – NR] chez les patients avec un SUVmean PSMA ≥ 6,0; p = 0,019). Conclusion : Le SUVmean PSMA constitue un biomarqueur prédictif indépendant de progression précoce sous traitement, confirmant que la TEP aux ligands du PSMA en baseline peut servir à la stratification du risque chez les patients atteints de mCRPC traités par [¹⁷⁷Lu]Lu-PSMA-617.