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Contexte : Le cancer du col de l'utérus est un problème de santé publique significatif. Le test HPV émerge comme un outil majeur pour la détection précoce des cancers et des états pré-cancéreux du col utérin. Il est proposé en première intention en France chez les patientes de plus de 30 ans avec un triage des patientes positives par une cytologie réflexe. En cas de cytologie réflexe négative, l'HAS recommande, dans le cadre du dépistage organisé du cancer du col de l'utérus, de réaliser un contrôle virologique à 12 mois. Cette étude vise à évaluer le suivi des femmes bretonnes âgées de 30 à 65 ans ayant reçu un résultat positif au test HPV avec une cytologie réflexe négative, 12 mois après le prélèvement cervico-utérin. Méthodes : Une étude transversale observationnelle et descriptive a été réalisée, se concentrant sur les femmes présentes dans la base de données du Centre Régional de Coordination de Dépistage des Cancers (CRCDC) de Bretagne entre le 1er juillet 2020 et le 15 mars 2023. Les critères d'inclusion comprenaient des femmes âgées de 30 à 65 ans, résidant en Bretagne, et ayant réalisé un prélèvement cervico-utérin avec un résultat « HPV positif + cytologie réflexe négative » connu par le CRCDC. Les critères d'exclusion comprenaient l'hystérectomie totale, le refus de dépistage, l’examen clinique impossible, l’âge compris entre 25 et 29 ans ou supérieur à 65 ans au moment du PCU, les résultats « HPV négatif » ou « HPV positif + cytologie réflexe positive ». Résultats : L'étude a révélé que seulement 21,3 % des patients incluses (n = 12 985) et 29,8 % des patientes suivies (n = 9 282) avaient suivi les recommandations de suivi entre 2020 et 2024, soit 2 766 patientes au total. Les facteurs influençant l'adhésion comprenaient l'âge, la localisation géographique et la qualification des professionnels de santé. En effet, les femmes âgées de 40 à 49 ans, vivant en milieu urbain et suivies par un gynécologue, présentaient des taux de suivi plus élevés par rapport aux autres. L'analyse a également identifié des biais potentiels dans la collecte des données, ce qui pourrait avoir conduit à une sous-estimation des taux de suivi réels. Conclusion : Les résultats soulignent un écart préoccupant dans l'adhésion aux protocoles de suivi parmi les femmes ayant un résultat positif au HPV. Des actions de sensibilisation des femmes et de formation des professionnels semblent des leviers d’action essentiels pour renforcer l'efficacité du dépistage organisé du cancer du col de l'utérus. Cette étude souligne également la nécessité d'une collaboration renforcée entre les différents acteurs de santé afin de réduire les inégalités d'accès au dépistage, dans le but de réduire l'incidence du cancer du col de l'utérus.