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Contexte : La fibrose pulmonaire idiopathique (FPI) est une maladie interstitielle progressive caractérisée par un pronostic défavorable et de nombreuses comorbidités. La dénutrition fait partie de ces comorbidités, mais son impact sur la FPI reste largement inexploré. Cette étude a pour objectif de clarifier la relation entre la dénutrition et l’évolution de la FPI, en examinant plus particulièrement si les exacerbations aiguës de FPI (EA-FPI) sont associées à une diminution de l’IMC (index de masse corporelle). Méthodes : Les données de patients atteints de FPI suivis au CHU de Rennes entre 2016 et 2024 ont été analysées rétrospectivement. L’évaluation nutritionnelle lors de chaque visite ou hospitalisation comprenait le poids, l’indice de masse corporelle, l’indice de masse maigre (FFMI), l’albumine et la pré-albumine. Le critère de jugement principal était la perte de poids après une EA-FPI (population d’intérêt) ou une hospitalisation pour une autre cause
(population contrôle). Résultats : Parmi les 402 patients inclus, 156 ont présenté une EA-FPI ou une hospitalisation pour une autre cause et parmi eux 99 disposaient d’un suivi ultérieur. Les patients avec EAFPI étaient plus jeunes (73,7 vs. 76,8 ans, p = 0,0056) et présentaient une CVF plus basse (72,5 vs. 81,2% p = 0,0032). L’évolution des marqueurs nutritionnels après une EA-FPI ou une hospitalisation pour une autre cause montrait une diminution relative de l’IMC de –2,9 ± 5,7 immédiatement après l’événement et de –3,2 ± 6,1 % à un an, sans différence entre les deux groupes. La diminution du FFMI était numériquement plus importante dans le groupe EA-FPI : –5,4 ± 6,8 % dans le groupe EA contre –1,3 ± 5,7 % dans le groupe sans EA ; p = 0,06. Conclusion : Les patients atteints de FPI et hospitalisés - pour une EA-FPI ou une autre cause- présentent une baisse de l’IMC et du FFMI après l’hospitalisation. Ces résultats soulignent la nécessité d’une évaluation régulière de l’état nutritionnel des patients atteints de FPI. Des études prospectives sont nécessaires pour déterminer si une prise en charge nutritionnelle pourrait améliorer le pronostic de la FPI, notamment chez les patients hospitalisés.