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Médecine
/ 17-04-2024
Josset Nicolas
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Introduction et objectif : Les services de réanimation ont un nombre de lits et des ressources limités nécessitant des prises de décision d’admission et de non-admission qui entrent dans le cadre d’un triage complexe lié aux conditions de l’urgence. Les critères de choix, même s’ils ont fait l’objet de recommandations, se heurtent à la réalité du terrain et se traduisent par de grandes variations de réponses aux sollicitations. Cette étude vise à présenter un état des lieux des décisions d'admission ou de non-admission en réanimation / soins continus dans un hôpital général non universitaire. Elle s’est attachée à identifier les facteurs d’influence à la décision par l'analyse des appels reçus par le réanimateur en provenance des urgences sur une période de 11 ans. Méthodes : Etude rétrospective monocentrique observationnelle ayant analysé toute sollicitation du réanimateur de garde par les services d’urgence pour une demande d’admission entre le 1er janvier 2012 et le 31 décembre 2022. Analyses réalisées : analyse descriptive générale des réponses, analyse univariée des facteurs d’influence (liés aux patients et structurels), analyse évolutive décennale et analyse interindividuelle des réponses médicales. Résultats : Sur 18 916 appels, 10 828 provenaient des urgences parmi lesquels 9 874 décisions d’admission ou non admission en réponse à des sollicitations des urgences ont été analysées. Le taux d’admission moyen était de 55,8%. Nous avons constaté une influence significative de l’âge du patient, du nombre de défaillances ainsi que de la défaillance principale. Sur le plan logistique et organisationnel, le service appelant, le type d’appelant, le nombre de lits disponibles et le déplacement ou non du réanimateur avaient un impact significatif sur la prise de décision. L’analyse des refus a montré une prédominance des refus de malades « pas assez graves » puis des refus pour raison éthique avec décision LATA et enfin des refus faute de place. L’analyse décennale a montré des modifications significatives, concernant la répartition géographique des appels et l’augmentation des situations de pénurie de lits. L’analyse comparative interindividuelle des réanimateurs révèle d’importantes différences entre les décisions, témoins d’une grande hétérogénéité des pratiques sur le terrain. Conclusion : Le processus décisionnel dans le tri des patients à admettre en réanimation est complexe mettant en jeu des facteurs d’influence qui alimentent un critère de jugement individuel qui écarte des recommandations. Un équilibre doit être trouvé dans les décisions d’admission ou non-admission tout en gardant à l’esprit le maintien d’un juste soin et le respect des principes d’éthique médicale malgré l’urgence des situations.
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