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Introduction : Les addictions posent, en France, un problème de santé publique majeur. Cette thématique interpelle les médecins généralistes car ils se retrouvent en première ligne. Cependant, cette activité est ressentie comme ingrate et nécessitant un engagement important de la part du médecin. Or, la cocaïne est actuellement la deuxième drogue illicite la plus consommée en France. Son marché présente une augmentation majeure depuis quelques années. L’objectif principal de cette étude est de déterminer les principales difficultés des médecins généralistes face au dépistage de l’addiction à la cocaïne. Les objectifs secondaires sont de recenser les démarches facilitant dépistage de cette addiction et de regrouper les propositions pour améliorer celui-ci. Matériel et Méthode : Il s’agit d’une étude qualitative par entretiens semi-dirigés, confidentiels et anonymes auprès de 10 médecins généraliste de la ville de Rennes. La saturation des données a été obtenue au bout du 7ème entretien. L’analyse s’est déroulée par pré-analyse des verbatims puis codification des verbatims et enfin regroupement des codes en thèmes. Résultats : Les freins au dépistage retrouvés durant les entretiens sont une méconnaissance du sujet, la perception que l’addictologie est une spécialité exigeante, un embarras pour aborder le sujet, un manque d’automatisme, une difficulté pour établir une population à risque, des modes de consommations divers, un manque de temps, la banalisation par les patients. Les propositions d’améliorations sont de meilleurs formations initiale et continue, instaurer une relation de confiance, inciter les patients par la prévention primaire, un interrogatoire type et l’abord du sujet via ses complications. Conclusion : Les principaux freins au dépistage de l’addiction à la cocaïne sont la faible connaissance de ce sujet, s’expliquant notamment par un manque de formation globale, la perception que l’addictologie est une spécialité exigeante avec un fort sentiment d’impuissance, l’impression d’un sujet tabou avec un embarras pour aborder cette thématique, la difficulté pour définir une population « à risque » et la variété des modes de consommation, la banalisation de la consommation de la part des patients et enfin un manque de temps en consultation. Afin de pouvoir aborder cette thématique plus facilement en consultation de médecine générale, il semble pertinent d’améliorer la formation initiale et continue, de pouvoir instaurer une relation de confiance avec les patients, d’inciter les patients à en parler d’eux-mêmes via des affiches en salle d’attente ou encore des campagnes de prévention nationales, de mettre en place des outils de dépistage tel que l’interrogatoire type et enfin d’améliorer l’accessibilité aux filières et structures de soin.