Voir le résumé
Contexte/Objectif : Les particules fines (PM2.5) sont liées à de nombreux effets sur la santé et peuvent déclencher des maladies auto-immunes rhumatismales systémiques (SARDs). Nous avons étudié le risque de SARDs lié à l'exposition à long terme aux PM2.5 et à ses composants (ammonium, carbone noir, poussière minérale, sel marin, nitrate, sulfate, matière organique). Méthodes : Nous avons constitué une cohorte ouverte rétrospective d'adultes québécois (sans SARDs), en utilisant les données administratives sur la santé d'avril 2000 à décembre 2019. Notre définition de cas de SARDs comprenait le lupus systémique, la dermatomyosite, la sclérose systémique, le syndrome de Sjögren et les maladies indifférenciées du tissu conjonctif. Les PM2.5 annuelles moyennes et leurs composants ont été modélisés à l'aide d'images satellitaires de la profondeur optique des aérosols et d'observations au sol. Les expositions ont été attribuées à chaque résident sur la base des codes postaux à six chiffres. Des modèles de Cox (tenant compte de l'âge, du sexe, de l'année, du statut socio-économique, du réseau de services locaux et de la région urbaine/rurale) ont généré des rapports de risque (HR) pour les PM2.5 et leurs sept composants. Une approche par "quantile-based g computation" avec des ajustements similaires a été utilisé pour estimer les HR marginaux pour le mélange des composants de PM2.5. Résultats : 7 482 397 résidents du Québec ont été étudiés. Sur 98 039 305 années-personnes, 55 267 cas de SARDs sont apparus. En utilisant le "quantile-based g computation", le HR ajusté des SARDs pour une augmentation d'un décile des composants des PM2.5 était de 1,01 (IC à 95 % 1,00-1,02). Parmi les sept composants, c'est l'ammonium qui a le plus contribué au risque de SARDs. Conclusion : Cette vaste étude de cohorte en population générale suggère que les PM2.5 ambiantes (et l'ammonium en particulier) peuvent être associées à l'incidence des SARDs. Alors que les émissions des véhicules et des industries sont de plus en plus réglementées, d'autres sources de PM2,5 et d'ammonium, en particulier les incendies de forêt, sont susceptibles de jouer un rôle de plus en plus important dans ces pathologies.