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Contexte : Les infections sexuellement transmissibles sont un problème majeur de santé publique, afin de diminuer leur incidence, nous devons informer les populations de l’intérêt de les dépister et de les traiter, et ce notamment chez les jeunes qui sont la catégorie la plus touchée et qui semblent être une cible privilégiée pour faire de la prévention. Cependant, pour les jeunes vivant en centre-bretagne, région éloignée des lieux de soins et appauvrie en professionnels de santé l’accès à l’information et aux dépistages semble être encore plus difficile. Objectif : Évaluer l’accès au dépistage des IST en fonction des caractéristiques des lycéens. Les objectifs secondaires sont d’évaluer les connaissances des jeunes sur les IST, de cibler les populations prioritaires au dépistage et d’évoquer les moyens pour faciliter l’accès au dépistage. Méthode : étude quantitative, prospective, multicentrique. 447 élèves ont été inclus venant de 5 lycées du Centre- Bretagne. Les données ont été recueillies à l’aide d’un questionnaire anonyme et individuel. Pour l’analyse statistique, les données qualitatives ont été comparés selon le test du Chi-2, les données quantitatives selon le test T de student ou le test de Mann-Whitney selon la nature de la distribution. Le test de Kruskal-Wallis a été utilisé pour comparer les moyennes si plus de 2 groupes sont concernés. Le risque alpha a été fixé à 5%, il n'a pas été réalisé d'ajustement sur les comparaisons multiples. Résultats : 370 questionnaires analysés. Les facteurs influençant l’accès au dépistage avec une différence significative sont l’âge <18 ans (p<0,05), être issu d’un lycée de zone urbaine (p<0,05), la filière d’étude professionnelle (p<0,05), le fait de n’avoir jamais eu de rapport sexuel (p<0,05) et ne pas disposer d’un véhicule personnel (p<0,05). Les élèves ayant bénéficié d’une intervention scolaire ont de meilleures connaissances. Les élèves les plus jeunes et ceux de filière professionnelle semblent être des cibles prioritaires. Pour faciliter l’accès au dépistage, les jeunes souhaitent un endroit accessible et bienveillant, sans créneau horaire en particulier. Ils préfèrent que le professionnel de santé aborde le sujet, d’ailleurs le médecin généraliste serait la personne idéale pour aborder le sujet. Conclusion : Les jeunes de 15 à 24 ans sont une population idéale pour aborder la santé sexuelle. Des profils d’élèves « prioritaires » se distinguent et nécessitent de recevoir davantage d’informations. En effet, encore trop peu d’élèves pouvant relever d’un dépistage en ont réalisé un au cours de leur vie. Cela est plus marqué chez les garçons, les élèves plus jeunes, ceux issus de lycées urbains, ou de filière professionnelle, lorsqu’ils n’ont pas bénéficié d’intervention scolaire antérieure ou encore chez les élèves qui ne disposent pas de véhicule personnel. Les jeunes effectuent davantage de dépistages suite à une sollicitation. Il ne semble pas que cela soit en lien avec une méconnaissance des IST, ni de leurs moyens de prévention. Il faut poursuivre les efforts sur l’éducation à la sexualité au sein des établissements scolaires. Il est nécessaire aussi de développer la bienveillance dans ce domaine, être à l’écoute, continuer de promouvoir l’intérêt du dépistage tout en facilitant son accès, notamment pour les jeunes éloignés des centres urbains. Enfin, il ne faut pas oublier le rôle des professionnels de santé, le médecin généraliste, les sage-femmes et gynécologues qui demeurent des acteurs majeurs. Il faut aller vers eux, proposer des dépistages que ce soit en abordant le sujet en consultation ou en intervenant directement dans les établissements.