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Introduction : Après une résection iléo-cæcale chez les patients atteints de la maladie de Crohn, une anastomose est généralement nécessaire. Plusieurs types d'anastomoses existent, et certaines, comme l'anastomose de type Kono, ont montré une réduction de la récidive endoscopique dans des études récentes. Toutefois, ces observations ne font pas consensus dans la littérature. L'objectif de cette étude est d'évaluer l'impact des différents types d'anastomoses sur la récidive endoscopique après une première résection iléo-cæcale chez des patients atteints de la maladie de Crohn. Méthode : Il s'agit d'une étude observationnelle, bicentrique et rétrospective, menée entre janvier 2010 et décembre 2023. Deux groupes ont été comparés : le premier, composé de patients ayant reçu une anastomose de type Kono (n=20) ; le second, ayant reçu une anastomose conventionnelle (latéro-latérale isopéristaltique, latéro-latérale anisopéristaltique ou termino-latérale, n=92). Les critères d'inclusion retenaient tous les patients adultes atteints de la maladie de Crohn nécessitant une première résection iléo-cæcale. Les patients ayant un antécédent de résection digestive, une stomie, ou sans score de Rutgeerts à 6 mois - 1 an, ou sans confirmation anatomopathologique de la maladie, étaient exclus. Le critère principal de jugement était la récidive endoscopique définie par un score de Rutgeerts ≥ 2 entre 6 mois et un an post-opératoire. Les critères secondaires comprenaient les complications post-opératoires, la durée d'hospitalisation, les réhospitalisations, ainsi que l'utilisation de traitements immunosuppresseurs en pré-opératoire. Résultats : Les deux groupes étaient comparables en termes d'âge (médiane de 39 ans), de poids pré-opératoire (moyenne de 68,6 kg), d'IMC (médiane de 22) et de tabagisme (48,2 %). La classification de Montréal était similaire dans les deux groupes, avec 28,4 % de maladie inflammatoire au diagnostic, 39,4 % de maladie sténosante et 32,1 % de maladie pénétrante. Les localisations iléales (45,9 %) et iléo-coliques (47,7 %) étaient également comparables. Les interventions ont été réalisées par voie cœlioscopique dans 90,2 % des cas. Les anastomoses de type Kono ont nécessité une durée opératoire moyenne de 152 minutes contre 105,5 minutes pour les anastomoses conventionnelles (p=0,0001). La récidive endoscopique, définie par un score de Rutgeerts ≥ 2, n'a montré aucune différence significative entre les anastomoses Kono (35 %) et les anastomoses conventionnelles (34,1 %, p=0,9365). Il n'y avait pas de corrélation significative entre la récidive endoscopique et des facteurs tels que le sexe, le tabagisme ou le délai entre le diagnostic et la chirurgie. Conclusion : Nos résultats indiquent qu'il n'existe pas de différence significative en termes de récidive endoscopique entre les anastomoses conventionnelles et celles de type Kono. De plus, aucune différence notable n'a été observée concernant les complications post-opératoires, la mortalité, la durée d'hospitalisation ou les réhospitalisations dans les 90 jours suivant l'opération.