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Introduction. En 2019 en France, plus de 730 000 personnes résidaient en EHPAD. Ces résidents présentent des profils d’autonomie et de pathologies très différents et constituent une population potentiellement fragile. Leurs transferts aux urgences sont à risque car les urgences sont des lieux encore inadaptés pour eux, avec des risques d’événements indésirables associés aux soins plus élevés que pour la population générale. Des recherches ont lieu et de nouvelles pratiques s’installent afin de diminuer ces passages aux urgences. Cependant, les médecins généralistes, qui peuvent être à l’origine de 70% des transferts, sont rarement au coeur des études. L’objectif de cette étude est de caractériser les transferts aux urgences de résidents d’EHPAD par des médecins généralistes aux urgences de St-Malo en continuité des soins afin de trouver des pistes d’amélioration des pratiques. Matériel et méthodes. Cette étude observationnelle rétrospective s’est intéressée aux transferts aux urgences de St-Malo des mois de janvier, avril, août et octobre 2023, pour des patients âgés de 65 ans et plus, résidents d’EHPAD du territoire de l’hôpital de St-Malo, adressés par un médecin généraliste, à l’exception des médecins généralistes régulateurs du centre 15 qui ont été exclus. Nous n’avons analysé que les passages aux horaires de continuité des soins. Nous avons recueilli les motifs d’adressage, l’hospitalisation ou non, ainsi que les profils des patients (âge, sexe, GIR), les profils des médecins généralistes et les profils des EHPAD (capacité, statut, présence IDE la nuit, zone d’intervention de SOS Médecins, zone ARS). Résultats. Sur les 136 dossiers inclus, il ne semble pas exister de différence dans le nombre d’adressages entre les zones ARS, que ce soit en fonction du nombre de places d’EHPAD disponibles dans chaque zone, ou du nombre de médecins adresseurs. Les différents facteurs analysés sur l’organisation des EHPAD ne semblent pas avoir d’influence sur le nombre de transferts au SAU. Les motifs de transferts sont dominés par les classes « traumatologie », « cardio-respiratoire » et « général ». Les classes de motifs définies pour notre étude ne semblent pas avoir de proportions différentes selon les zones ARS, hormis pour le motif « général ». Conclusion. L’analyse des transferts des résidents d’EHPAD par les médecins généralistes retrouve plusieurs axes possibles d’amélioration des pratiques. Faciliter l’accès à un plateau technique semble être important pour réaliser des prises en charge sans passage par le SAU. L’introduction de soins plus complexes en EHPAD et d’une présence IDE renforcée pourrait aider le retour à domicile plus rapide des résidents. Enfin, réussir à majorer le temps médical en EHPAD, via les médecins généralistes et les médecins coordinateurs, serait un moyen de renforcer les soins dans ces structures