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Auteurs > B > Bichon Anaëlle
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Traitement par méthylprednisolone à forte dose dans le syndrome de détresse respiratoire aiguë réfractaire à SARS-CoV-2 : évaluation rétrospective d’une cohorte française


Médecine Intensive-Réanimation / 19-04-2024
Bichon Anaëlle
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Introduction: L’infection à Sars-CoV-2 entraîne des syndromes de détresse respiratoire aiguë (SDRA) dont certains sont réfractaires aux traitements usuels pouvant témoigner d’une évolution fibrosante, 10 à 14 jours après l’initiation de la ventilation mécanique. De la méthylprednisolone à forte dose peut alors être débutée en thérapie de sauvetage. Notre étude s’intéresse aux caractéristiques de cette population traitée à la phase tardive du SDRA et à leur devenir. Matériel et méthodes: Nous avons réalisé une étude rétrospective en Médecine Intensive Réanimation aux CHU de Rennes (mars 2020 à décembre 2022) et Grenoble (mars 2020 à avril 2021). Tous les patients présentant un SDRA réfractaire traités par méthylprednisolone 2mg/kg ont été inclus. L’objectif principal était de comparer les caractéristiques des patients vivants et décédés à J60 de l’entrée en réanimation et de définir d’éventuels facteurs associés à la mortalité et à la réponse aux corticoïdes. Résultats: Soixante-sept patients ont été inclus. 4,5% des patients recevaient une corticothérapie au long cours. A l’admission l’IGS II médian était à 48 (IQR 33-59) et le SOFA médian à 5 (4-8). 23,9% des patients ont nécessité la mise en place d’une ECMO veino-veineuse. La méthylprednisolone était débutée en médiane 17 jours (12,5-23) après l’admission en réanimation. Les mortalités, hospitalière, à J28, et J60 étaient respectivement de 55,2%, 34,3% et 46,2%. A l’initiation de la corticothérapie, les paramètres ventilatoires (PEP, pression de plateau, PaO2/FiO2, Vte) ne différaient pas entre les patients vivants et décédés. Le rapport PaO2/FiO2 était significativement plus élevé dans le groupe patients vivants à J7 et J15 versus patients décédés (171 vs 123, (p=0,012) et 206 vs 166 (p=0,025), respectivement). Enfin, 63% des patients vivants à J60, étaient extubés avec un nombre médian de jours vivants sans ventilation mécanique de 19 (0-33,3). La prévalence des infections était équivalente entre les deux groupes. La prévalence des PAVM sous corticoïdes était de 30,6% dans le groupe patients vivants, contre 19,4% dans le groupe patients décédés (p=0,44). 33 patients présentaient un évènement thrombo-embolique avec une prévalence équivalente chez les vivants et décédés (52,8% vs 45,2%, p= 0,7). La plupart survenait également avant l’instauration des corticoïdes (16,7 vs 12,9, p=0,93). Les patients répondeurs à J7 et J15 avaient une mortalité hospitalière et à J60 diminuées comparés aux non répondeurs. Conclusion: Les patients vivants à J60 ont un rapport PaO2/FiO2 significativement supérieur à J7 et J15 de l’initiation de méthylprednisolone 2mg/kg. Il ne semble pas y avoir plus d’évènements infectieux et thrombotiques après l’initiation de la corticothérapie.

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