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Rationnel : Depuis l'introduction de la vaccination, la proportion de patients immunodéprimés parmi les patients gravement malades admis aux soins intensifs pour COVID-19 semble augmenter de manière significative. Cependant, les données concernant cette population sont rares en réanimation. Méthodes : Dans cette étude observationnelle rétrospective monocentrique réalisée dans le service de réanimation médicale du CHU de Rennes, nous avons recueilli des données sur des patients adultes admis en soins intensifs pour insuffisance respiratoire aiguë liée à une pneumonie sévère à SARS- CoV2. Pour assurer une comparaison équilibrée, les patients immunodéprimés et non immunodéprimés ont été appariés à l'aide d'un score de propension. Un modèle proportionnel de Cox a été utilisé pour déterminer si l'état d'immunodépression pendant le séjour était associé à la mortalité en soins intensifs. Résultats : Entre le 1er mars 2021, date d'arrivée des premiers patients vaccinés, et le 31 décembre 2022, nous avons identifié 294 patients (dont 220 non immunodéprimés et 74 immunodéprimés). Le groupe immunodéprimé présentait un risque plus élevé de mortalité en soins intensifs (31,1 % contre 8,6 %, p < 0,001) et un risque plus élevé de contracter des infections acquises (52,7 % contre 19,5 %, p < 0,001) par rapport au groupe non immunodéprimé. Après appariement, le groupe immunodéprimé présentait des taux significativement plus élevés d'infections acquises (39 (52,7 %) contre 22 (29,7 %), p = 0,008), ainsi qu'une durée de séjour plus longue en unité de soins intensifs (13 jours (7-28,8) contre 8 (3-23), p = 0,046). Dans un modèle proportionnel de Cox, l'immunosuppression n'a pas été identifiée comme un facteur de risque significatif de décès en soins intensifs (HR : 1.58 [0.79-3.14] ; p = 0.2), mais a été associée à une incidence plus élevée d'infections acquises (HR : 2.27 [1.02-5.06] ; p = 0.04). Conclusion : Dans cette étude rétrospective, l'état d'immunodépression des patients admis en soins intensifs pour une insuffisance respiratoire aiguë liée à une pneumonie sévère due au SARS-CoV2 n'était pas associé à une mortalité plus élevée.