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A ce jour, une trentaine de virus dont plusieurs virus émergents, majoritairement responsables d’infections aigües, ont été détectés dans le tractus génital masculin et/ou associés à des cas de transmission sexuelle. La réplication du virus Zika (ZIKV) dans les cellules germinales testiculaires humaines (TGC) ex vivo et in vitro, associée à une absence d’effet cytopathique et à une faible réponse immune innée, ainsi que leur infection persistante dans le sperme d’hommes infectés des mois après la clairance systémique, les désigne comme un réservoir pour ce virus. D’autres orthoflavivirus proches de ZIKV tels que le virus du Nil Occidental (WNV) et de la dengue (DENV) ont été récemment détectés dans le sperme de patients infectés, tandis que le virus de l’encéphalite japonaise (JEV) a un tropisme testiculaire chez le verrat. Dans ce contexte, j’ai étudié l’infection du testicule humain adulte par WNV (lignage 1), DENV-2 et JEV (génotype III) dans un modèle ex vivo et mis en évidence le tropisme de WNV pour cet organe, dont les cellules germinales, tandis que DENV et JEV ne se répliquent pas ou peu. L’infection du testicule par WNV n’induit ni effet cytopathogène ni réponse pro-inflammatoire notable (contrairement au virus des Oreillons dans ce même modèle), et seule la stéroïdogenèse est altérée. Ces résultats suggèrent un potentiel de persistance de WNV dans le testicule, à l’instar de ZIKV. J’ai ensuite exploré le tropisme de WNV dans le tractus génital mâle in vivo dans un modèle murin et confirmé l’infection du testicule ainsi que des TGC lors de la phase aigüe. Ce modèle a également révélé l’infection de l’épididyme, principalement localisée dans le canal épididymaire chez les animaux ayant survécu à l’infection, évoquant la possibilité d’une transmission sexuelle. En parallèle, j’ai investigué la réponse immune innée antivirale des TGC. Les résultats obtenus indiquent que les TGC infectées par ZIKV, WNV ou stimulées avec du poly(I :C) ou diABZI présentent peu d’expression d’interférons de type I et d'effecteurs antiviraux comparativement aux cellules péritubulaires testiculaires. La faible réponse antivirale observée dans les cellules germinales pourrait s’expliquer par leur faible expression des protéines MAVS, STING et TRIF, indispensables à la signalisation par les voies dépendantes de RIG-1, cGAS et TLR3 respectivement. En conclusion, mes travaux révèlent le tropisme de WNV pour le testicule et les TGC en particulier, alertant ainsi quant à sa potentielle présence dans le sperme. Ils contribuent également à la compréhension du privilège immunitaire testiculaire et de la persistance virale dans cet organe.