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Évaluation du gradient de pression porto-systémique par sonde à ballonnet : enquête de pratique multicentrique régionale et expérience d’implémentation dans un centre expert (CHU de Rennes)


Radiologie et imagerie médicale / 07-10-2025
Teissier Emma
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Contexte: Le gradient de pression porto-systémique (GPPS) est un facteur prédictif de décompensation clinique et facteur pronostic de mortalité chez les patients présentant une hypertension portale (HTP). La mesure du GPPS représente la technique de référence pour évaluer la sévérité de l’HTP. Les recommandations internationales préconisent une mesure du GPPS par sonde à ballonnet, mais son utilisation reste limitée. Nous avons évalué les pratiques des radiologues interventionnels de la région Grand Ouest, ainsi que la courbe d’apprentissage de la sonde à ballonnet au sein du service de radiologie du CHU de Rennes. Matériel et méthodes: Une enquête de pratique a été menée auprès de 29 radiologues interventionnels de huit centres hospitaliers du Grand Ouest. En parallèle, une étude prospective monocentrique (mai – septembre 2025) a inclus toutes les procédures consécutives nécessitant une mesure du GPPS. Les procédures ont été réalisées avec une sonde à ballonnet selon un protocole standardisé. Le critère de jugement principal était le nombre de procédures nécessaires pour obtenir un score OSATS ≥ à 28/35, définissant la maîtrise de la technique. Résultats : Enquête de pratique (n = 27/29, 93 %) : 96,3 % (n = 26) des radiologues déclaraient utiliser exclusivement la sonde de cathétérisme. Les freins rapportés à la mesure par sonde à ballonnet étaient le coût (n = 13, 48,1 %), la durée de procédure (n = 12, 44,4 %) et une moindre maîtrise de la technique (n = 11, 40,7 %). Toutefois, 63 % (n = 17) se déclaraient prêts à l’adopter si une formation était proposée. Étude prospective (n = 24) : Le score OSATS médian était de 31 [28–34,75]. Tous les opérateurs atteignaient le seuil de maîtrise de la technique dès la deuxième procédure. La technique était sûre (aucun évènement indésirable grave) et globalement corrélée à la pression portale vraie (r = 0,60 ; df = 7 ; p = 0,08), avec deux sous-estimations observées en contexte d’hémorragie subaiguë. Conclusion : Cette étude met en évidence un décalage marqué entre recommandations et pratiques, l’usage de la sonde à ballonnet restant marginal. Sa mise en œuvre au sein de notre service s’est avérée sûre et rapidement maîtrisée. Le surcoût, la durée de procédure et le manque d’évidence scientifique supportant ces recommandations demeurent les principaux freins à sa diffusion. Des études multicentriques de plus grande ampleur seraient probablement nécessaires pour envisager une adoption totale de la sonde à ballonnet.

Etude observationnelle d'une population de patients dans une Unité de Soins Non Programmés (USNP)


DES de médecine générale / 07-10-2025
Le Doze Anaëlle
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Contexte : Dans un contexte de saturation des services d’urgence et de difficultés croissantes d’accès à la médecine générale – notamment dans les territoires sous-dotés – les structures de soins non programmés (SNP) émergent comme une réponse organisationnelle pertinente. Créée en 2022, l’USNP de Vitré vise à améliorer l’accès aux soins de premier recours dans une zone à faible densité médicale. Objectifs : Décrire le profil, les habitudes de recours, les motifs de consultation et le niveau de satisfaction des patients consultant à l’USNP de Vitré, afin de mieux comprendre le rôle de cette structure dans le paysage local de soins. Méthodes : Une étude observationnelle descriptive a été menée auprès des patients majeurs (ou accompagnants d’un mineur) consultant à l’USNP entre janvier et février 2025. Les données ont été recueillies via un questionnaire auto-administré, anonyme, analysé de manière quantitative. Résultats : Au total, 186 questionnaires ont été analysés. La population étudiée est majoritairement active (67 % entre 26 et 60 ans), avec une proportion importante de patients sans médecin traitant (35 %, contre 11 % au niveau national en 2022). Parmi ceux disposant d’un médecin traitant, 37 % n’ont pas obtenu de rendez-vous dans un délai de 48h. Les motifs de consultation les plus fréquents étaient : douleurs aiguës (20,43 %), infections respiratoires bénignes (17,74 %) et fièvre (15,05 %). Trois quarts des patients percevaient leur demande comme urgente, même si un tiers venait pour des motifs non urgents (renouvellement d’ordonnance notamment). La satisfaction globale était très élevée, avec plus de 90 % des patients prêts à revenir ou à recommander la structure. Conclusion : L’USNP de Vitré apparaît comme une structure complémentaire utile, permettant un accès rapide aux soins pour des patients souvent en difficulté dans leur parcours. Si elle ne se substitue pas aux missions fondamentales de la médecine générale, elle répond à une demande réelle de soins immédiats. L’enjeu reste désormais de mieux intégrer ce type de structure dans une stratégie territoriale cohérente et durable d’organisation des soins primaires.

Epidémiologie des mycoses ostéo-articulaires dans la région Grand Ouest


Maladies infectieuses / 07-10-2025
Fischer Lucas
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Contexte. Les infections ostéo-articulaires (IOA) fongiques sont rares. Les données disponibles à ce jour concernant leur épidémiologie et leur prise en soin sont insuffisantes. Méthodes. Nous avons réalisé une étude de cohorte rétrospective multicentrique, au cours de laquelle ont été inclus tous les patients ayant eu une IOA fongique entre 2014 et 2021 au sein de six centres hospitalo-universitaires du Grand Ouest de la France. Résultats. Parmi les 103 patients inclus, l’âge médian était de 66 [intervalle interquartile, 51-73] ans et 66% (n=68) étaient des hommes. Les patients ayant une immunodépression représentaient 23% (n=24) de la cohorte. Les infections sur matériel représentaient 39% (n=40) des cas. La hanche était le site le plus fréquemment infecté (n=24, 23%). Une fièvre était présente au diagnostic dans 31% (n=31) des cas, et 66% (n=67) des patients rapportaient des douleurs. Les IOA à levures comptaient pour 81% (n=83) des cas d’IOA fongiques dont les principaux pathogènes étaient Candida albicans (n=54/83, 65%) et C. parapsilosis (n=11/83, 13%). Les champignons filamenteux identifiés étaient majoritairement Aspergillus section fumigati (n=10/20, 50%) et les Mucorales (n=6/20, 30%). Une co-infection bactérienne était retrouvée dans 60% (n=62) des cas. Les interventions chirurgicales consistaient majoritairement en des chirurgies de parage/lavage (n=52, 50%), des chirurgies d’ablation de matériel (n=17, 17%) et des chirurgies d’exérèse osseuse (n=11, 11%). Concernant le traitement des IOA à levures, 82% (n=68/83) des patients ont reçu du fluconazole, et 36% (n=30/83) ont reçu une échinocandine. Tandis que pour les IOA à champignons filamenteux, le voriconazole (n=16/20, 80%) et l’amphotéricine B liposomale (n=10/20, 50%) étaient les antifongiques les plus utilisés. Un effet indésirable a été rapporté pour 27% (n=28) des patients dont 68% (n=19/28) ont nécessité une modification du traitement antifongique. La durée médiane du traitement antifongique était de 91 [42-180] jours. La guérison clinique de l’IOA fongique à deux ans était obtenue pour 73% (n=75) des patients. La persistance de séquelles à 6 mois était rapportée chez 63% (n=51/81) des patients survivants, entrainant un handicap dans 48% (n=39/81) des cas, voire l’apparition d’une dépendance pour 10% (n=8/81) des patients. Conclusions. Les IOA fongiques représentent un large éventail d’infections. Elles sont associées à un taux élevé d’échecs thérapeutiques et de séquelles. Une approche pluridisciplinaire est nécessaire afin d’optimiser le traitement des IOA fongiques.

RCP neuro- cardiologique du CHU de Rennes : patients présentés pour discussion de fermeture de Foramen Ovale Perméable après un évènement ischémique cérébral, étude des résultats et devenir à 2 ans


Neurologie / 06-10-2025
Le Mestre Mathilde
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Contexte : Le Foramen Ovale Perméable (FOP) est une anomalie cardiaque impliquée dans la survenue des AVC ischémiques cryptogéniques, surtout chez les patients jeunes. La procédure de fermeture de FOP a prouvé son efficacité pour diminuer le risque de récidive ischémique depuis plusieurs années. Une sélection adaptée des patients doit avoir lieu, au cours de réunions de concertation pluridisciplinaires (RCP) neuro-cardiologiques. Objectifs : Etudier le devenir des patients présentés pour discussion de fermeture de FOP en RCP neuro-cardiologique au CHU de Rennes, en évaluant le taux de récidive d’ischémie cérébrale à 2 ans. Le but final étant l’amélioration des pratiques cliniques du CHU de Rennes. Méthodes : Etude observationnelle rétrospective incluant les patients présentés en RCP entre 2018 et 2021. Les données cliniques et paracliniques ainsi que celles du suivi ont été recueillies à partir des dossiers médicaux et grâce à un questionnaire téléphonique. Le critère de jugement principal était la survenue d’une récidive ischémique à 2 ans de la présentation en RCP. Les critères de jugements secondaires étaient : la description des patients ayant présenté une récidive, l’évaluation du taux de fermeture de FOP, des complications post-procédure, de la qualité du suivi et du handicap résiduel à long terme. Résultats : Au total, 193 patients ont été inclus, d’âge moyen 46,5 ans, avec une majorité d’hommes. A 2 ans de la RCP, 5 patients (2,6%) ont présenté une récidive : 3 (2,3%) dans le groupe fermé et 2 (3,2%) dans le groupe non fermé, sans différence significative (p=0,6570). A plus long terme, il semble y avoir plus de récidives dans le groupe non fermé (sans significativité). Les récidives du groupe fermé ont eu lieu entre la RCP et la fermeture. Le taux réel de fermeture de FOP est de 60%. Le taux de complication est de 5% incluant 3,8% de passage en FA. Le suivi des patients respecte les recommandations internationales et le handicap résiduel est faible dans les deux groupes. Conclusion : Cette étude souligne le rôle essentiel de la RCP neuro-cardiologique dans la sélection des patients avant une procédure de fermeture de FOP. Le CHU de Rennes applique les bonnes pratiques cliniques avec un faible taux de récidive ischémique et de complications. Une réduction du délai entre l’évènement ischémique et la fermeture pourrait améliorer les résultats.

Tumeurs surrénaliennes opérées : état des lieux, validation des recommandations de prise en charge des incidentalomes surrénaliens de l'ESE 2023 et perspectives


Endocrinologie / 03-10-2025
Mauger Morgane
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INTRODUCTION : L’ESE/ENSAT a mis à jour les recommandations sur la prise en charge des tumeurs surrénaliennes en 2023, afin de mieux identifier celles qui sécrètent et/ou sont suspectes de malignité, justifiant une prise en charge chirurgicale. Nous avons conduit une étude chez les patients opérés pour tumeur(s) surrénalienne(s) au CHU de Rennes afin d'évaluer la pertinence et de la sécurité de ces nouveaux critères. METHODES : 390 patients ont été inclus dans cette étude monocentrique, observationnelle et rétrospective. Les objectifs étaient d'analyser les caractéristiques radiologiques, hormonales et chirurgicales des pathologies représentées et d'évaluer la concordance entre l'estimation du risque de malignité basé sur l'imagerie et le diagnostic final. RESULTATS : Le phéochromocytome était le premier type tumoral opéré, suivi des métastases surrénaliennes. Les marges d'exérèses incomplètes étaient statistiquement plus fréquentes en chirurgie robot-assistée que pour d'autres techniques chirurgicales. La stratification du risque de malignité basée sur l’imagerie permettait d'écarter une tumeur maligne avec une excellente sensibilité de 99% et une VPN de 97%, mais peinait à distinguer les tumeurs bénignes pauvres en graisses, des tumeurs malignes (spécificité 15% ; VPP 63%). CONCLUSION : La sensibilité de la stratification du risque de malignité selon les recommandations ESE/ENSAT est excellente et permet d'éliminer une tumeur maligne de façon quasiment certaine. Toutefois, de nouveaux outils morphologiques et biologiques sont nécessaires pour identifier les adénomes bénins. La performance et la sécurité de la chirurgie robot-assistée versus gold standard doit être évaluée dans de plus larges cohortes.

Quel site d’implantation tibial pour le ligament collatéral médial profond doit être choisi afin de contrôler l’instabilité rotatoire antéro-médiale du genou ? Étude cadavérique sur 20 genoux à l’aide du laximètre Dyneelax®


Chirurgie Orthopédique / 03-10-2025
Hamon Antoine
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Objectif : Les techniques classiquement utilisées, Lind et LaPrade, pour traiter les lésions médiales sévères du genou ne restaurent pas complètement la stabilité native du genou. Notre objectif était de déterminer le site d’insertion tibiale optimal pour une bande antéro-médiale (AM) mimant le ligament collatéral médial profond (dMCL), afin d’améliorer le contrôle de l’instabilité rotatoire antéro-médiale (AMRI) dans les genoux présentant une atteinte médiale complète (sMCL + dMCL + POL). Méthodes : Vingt genoux cadavériques frais congelés (13 femmes et 7 hommes, âge moyen : 80 ans) ont été testés à l’aide d’un laxymètre statique (Dyneelax®) à 30° de flexion. Après sections standardisées du sMCL, du dMCL et du POL, les genoux ont été reconstruits avec un greffon plat trifide comprenant une bande AM. Deux groupes ont été comparés en fonction de l’angle d’insertion tibiale α entre l’AM et le sMCL : groupe α ≤ 20° (reconstruction anatomique du dMCL) et groupe α > 20° (reconstruction oblique isométrique). La translation tibiale antérieure (ATT), la rotation interne (RI) et la rotation externe (RE) ont été enregistrées sous des forces allant jusqu’à 200 N et des couples de rotation allant jusqu’à 5 N·m. Les laxités résiduelles (valeurs absolues et relatives) ont été calculées par rapport à l’état intact à l’aide d’ANOVA et de tests t de Student. Résultats : Les deux techniques de reconstruction ont significativement réduit les laxités par rapport à l’état sectionné. Le groupe α > 20° présentait une laxité résiduelle significativement plus faible pour l’ATT (0,74 ± 0,58 mm vs 1,30 ± 0,56 mm, p = 0,041) et pour la RE (0,35 ± 0,39° vs 1,05 ± 0,89°, p = 0,036), sans différence significative pour la RI (p = 0,244). Les laxités résiduelles relatives pour l’ATT et la RE étaient également significativement plus faibles dans le groupe α > 20°. Conclusions : Une insertion tibiale avec un angle α > 20° pour la bande AM améliore le contrôle de l’ATT et de la RE par rapport à un positionnement plus anatomique (α ≤ 20°), suggérant qu’une reconstruction plus oblique et isométrique reproduit mieux la fonction biomécanique du dMCL et de la capsule antéro-médiale. Cette technique de greffon plat trifide offre une approche anatomique et mécanique affinée pour l’instabilité médiale sévère du genou.

Prévalence de l’addiction alimentaire et phénotype clinique chez le patient diabétique


Endocrinologie-diabétologie-nutrition / 03-10-2025
Briand Marine
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Contexte : L’addiction alimentaire est un concept émergeant ces dernières années de plus en plus étudié. Cette perte de contrôle pour des produits hautement palatables, pourraient conduire un déséquilibre métabolique. Les données sont manquantes dans les populations diabétiques surtout chez les diabétiques de type 1. Patients et Méthodes : Recrutement bi-centrique (CHU Rennes, polyclinique de Cesson-Sévigné) de patient diabétiques, dépistés au moyen du questionnaire YFAS 2.0, entre novembre 2024 et mai 2025. L’objectif principal était de déterminer la prévalence de l’AA dabs cette population. Un recueil des données clinico--biologiques et socio-comportementales était réalisé à posteriori par les investigateurs afin d’analyser d’éventuelles associations avec l’AA. Le calcul de.la prévalence a été réalisé au sein de la population générale et des sous-groupes de diabète et des analyses univariées et multivariées ont été réalisées pour mesurer l’association de paramètres clinico-biologiques avec l’AA et ses symptômes. Résultats : Parmi 1577 patients, 362 patients ont pu être inclus (taux de remplissage de 22%) : hommes (62%), DT1 (48%) soit un DT2 (48%), âge moyen de 52 ± 17 ans et un IMC moyen de 27.9 ± 5.6. La prévalence de l’addiction alimentaire était de 10 %, sans différence significative entre les différents types de diabète. Certains facteurs associés à l’AA étaient communs à l’ensemble des patients, tels que l’isolement social et les comorbidités psychiatriques, tandis que l’augmentation de l’IMC (OR 1,08 ; IC 95% 0,99-1,18; p-value 0,06) y était plus spécifiquement associé chez les patients diabétiques de type 2 et la survenue d’hypoglycémies l’était chez les patients diabétiques de type 1 (OR 3,2 ; IC 95%1,1-8,9 ; p-value 0,02).. Conclusion : L’addiction alimentaire concerne une proportion non négligeable de patients diabétiques, indépendamment du type de diabète. Une meilleure compréhension de ce phénomène pourrait contribuer à optimiser les stratégies de dépistage et de prise en charge.

Performance du FIB-4 pour la prédiction d'une fibrose hépatique avancée chez des patients hospitalisés pour sevrage alcoolique à Clermont-Ferrand et Rennes


Hépato Gastro Entérologie / 03-10-2025
Dubé Léna
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Introduction : Chez les patients présentant un mésusage en alcool, un des enjeux est le dépistage de la fibrose hépatique avancée, reposant principalement sur l'élastométrie hépatique (EH) et les tests sanguins spécialisés. Le FIB-4, test biologique simple et peu coûteux, est recommandé dans certaines hépatopathies chroniques tel que l’hépatite C et la MASLD. Un FIB-4 inférieur à 1,3 ou 1,45 permet d’éliminer une fibrose hépatique avancée, alors qu’un FIB-4 supérieur à 2,87 ou 3,25 permettrait de l’affirmer. Ces seuils ont été peu étudiés dans la maladie du foie liée à l’alcool. Nous avons étudié les performances du FIB-4 pour le dépistage de la fibrose hépatique avancée chez des patients hospitalisés pour sevrage en boissons alcoolisées en prenant comme référence l’EH mesurée par Fibroscan® (FS). Méthode : Nous avons inclus les patients admis en sevrage hospitalier à Rennes et Clermont Ferrand entre 2019 et 2023. Nous avons recueilli rétrospectivement les données socio-démographiques, cliniques et biologiques ainsi que les résultats de l’EH. Celle-ci permettait d’éliminer une fibrose hépatique avancée si l’EH était < 10 kPa et de l’affirmer si ≥ 25 kPa. Résultats : L’étude a inclus 1280 patients, 19% de femmes, d’âge médian 47 [40-54]. 85,7% avaient une EH < 10 kPa et 5,1% une EH ⩾ 25 kPa. Les patients avec une EH < 10 kPa étaient significativement plus jeunes, avec un IMC plus bas et présentaient moins de facteurs métaboliques (hypertension artérielle (17,3 vs 30%, p = 0,01), diabète (2,8% vs 10,8%) et dyslipidémie (9,12 vs 26%, p = 0,0031). L’AUC du FIB-4 pour prédire une EH > 10 kPa était de 0,79 [IC 95%, 0,77-0,82]. Les seuils de FIB-4 à 1,3 et 1,45 avaient respectivement des sensibilités de 89 [IC 95%, 87-91] et 87 % [IC 95%, 85-89] et des valeurs prédictives négatives de 97 [95% IC, 96-98] et 96% [95% IC, 95-97]. L’utilisation du FIB-4 permettait d’éviter un FS à respectivement 577 (45%) et 620 (49%) des patients. L’AUC du FIB-4 pour prédire une EH > 25 était de 0,85 [IC 95%, 0,83-0,87]. Les seuils de FIB4 à 2,87 et 3,25 avaient respectivement des spécificités de 78% [IC 95%, 76-80] et 81 [IC 95%, 79-83] et des valeurs prédictives positives de 16% [IC 95%, 14-18]. Une régression logistique multivarié pas à pas, permettant de prédire une élastométrie > 10 kPa, et incluant l’âge, les ASAT, l’IMC et les plaquettes, obtenait une AUC à 0,78 [IC 95%, 0,74-0,82] identique à celle du FIB-4 (p=0,48). Conclusion : Le FIB-4 permet d’éliminer une fibrose hépatique avancée chez les patients hospitalisés pour sevrage éthylique et d’éviter la mesure de l’EH chez près de la moitié des patients.

Are Lind or LaPrade techniques able to control anterior and rotational laxities in medial side knee injuries? A controlled laboratory study of 18 knees.


CHIRURGIE ORTHOPEDIQUE ET TRAUMATOLOGIQUE / 03-10-2025
Drouineau Michel
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Contexte : La reconstruction du ligament collatéral médial (LCM) et du ligament postérieur oblique (LPO) est nécessaire pour restaurer la stabilité du genou. La technique de Lind utilise un seul stendon de semi-tendineux pédiculé pour reconstruire LCM et LPO, tandis que LaPrade emploie deux greffons libres, semi-tendineux et gracile. Objectif : Comparer ces techniques dans le contrôle de la translation et de la rotation tibiales après section LCM+LPO (lésion médiale grade 3). Méthodes : Dix-huit genoux frais (âge moyen : 75 ans) ont été testés à 30° de flexion avec le laximètre Dyneelax® après genou intact, section, puis reconstruction (9 Lind, 9 LaPrade). Résultats : La technique de Lind montrait moins de laxité résiduelle en translation (0,70 vs 1,21 mm, p<0,05) et en rotation externe (0,48 vs 1,4°, p<0,05). Aucune différence significative n’a été retrouvée en rotation interne. Conclusion : Les deux techniques améliorent la stabilité, mais la technique de Lind semble mieux contrôler la translation et la rotation externe du genou.

Parcours de soins après une suspicion de première crise d'épilepsie : étude rétrospective au CHU de Rennes


médecine / 02-10-2025
Leclerc Clémence
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La survenue d’une première crise d’épilepsie représente un événement de vie marquant, source d’incertitudes diagnostiques et de répercussions dans la vie professionnelle et privée. Au sein du CHU de Rennes, une filière a été structurée afin organiser le parcours de soins du patient lors d’un épisode de malaise suspect de crise d’épilepsie. Cette thèse vise à décrire la prise en charge proposée, à la comparer aux recommandations nationales et à s’intéresser aux répercussions du malaise sur la vie du patient à distance de l’épisode. Méthodes : Cinquante-trois adultes adressés pour suspicion de première crise au secrétariat de neurologie du CHU entre mars et octobre 2024 ont été inclus dans une étude observationnelle, monocentrique rétrospective et prospective. Les données médicales recueillies ont été complétées par un entretien téléphonique standardisé entre 9 à 12 mois après l’épisode initial, permettant d’évaluer la qualité de vie, l’observance et les changements dans les habitudes de vie du patient. Résultats : Un diagnostic de crise d’épilepsie a été retenu chez la moitié des patients. Les délais d’accès à l’EEG et à la consultation neurologique sont supérieurs aux recommandations nationales. Les critères cliniques du malaise les plus discriminants pour orienter vers une origine épileptique sont la confusion post-critique et la morsure de langue. Au-delà des aspects cliniques, l’étude a révélé l’ampleur des répercussions psychosociales : près de 60% des patients avec diagnostic de maladie épileptique décrivent la crainte de récidiver, entraînant une vigilance accrue, des restrictions dans les activités quotidiennes et une modification de leur mode de vie. 30% des patients interrogés n’ont pas respecté l’interdiction de conduire, soulignant la tension entre impératifs médicaux et contraintes de la vie quotidienne. Enfin, la traçabilité des informations concernant la conduite automobile demeure insuffisante. Conclusion : La première crise d’épilepsie ne se limite pas à un événement médical isolé ; elle s’accompagne de répercussions psychologiques et sociales durables. La filière spécialisée offre un cadre structuré de prise en charge mais son efficacité dépend autant de la réduction des délais diagnostiques que de l’accompagnement global des patients. Toutefois, l’absence de données issues des consultations de neurologues libéraux limite la représentativité de cette cohorte ; leur intégration constituerait une étape essentielle pour obtenir une vision plus complète de la filière.

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