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Comparaison des antécédents de violences sexuelles et conjugales entre des femmes en parcours d’aide médicale à la procréation et des femmes fertiles en suivi gynécologique de routine
(Comparison of Lifetime Histories of Sexual and Intimate Partner Violence Among Women Undergoing Medically Assisted Reproduction and Fertile Women attending Routine Gynecological Care)

Caraës, Océane - (2026-03-27) / Universite de Rennes - Comparaison des antécédents de violences sexuelles et conjugales entre des femmes en parcours d’aide médicale à la procréation et des femmes fertiles en suivi gynécologique de routine

Accéder au document : http://ged.univ-rennes1.fr/nuxeo/site/esupversions...

Langue : Français

Directeur(s) de thèse:  Duros, Solène

Discipline : Medecine

Classification : Médecine et santé

Mots-clés : Infertilité , Violences sexuelles , Violences conjugales , Aide médicale à la procréation , Santé reproductive
Procréation médicalement assistée‎
Stérilité‎
Violences sexuelles
Violence conjugale
Santé de la reproduction


Résumé : Contexte et objectifs : Les antécédents de violences, notamment sexuelles et conjugales, sont malheureusement fréquents en population générale et leur impact conséquent sur la santé des femmes et tout particulièrement sur la sphère gynécologique n’est plus à démontrer. Cependant leurs retentissements sur certaines populations spécifiques comme les femmes suivies dans des services d’aide médicale à la procréation (AMP) restent encore largement méconnus. Ainsi, nous proposons avec cette étude, de nous intéresser au lien entre vécu de violences et infertilité en comparant la prévalence des antécédents de violences sexuelles et/ou conjugales chez des femmes en parcours d’AMP versus chez des femmes sans problématique d’infertilité. Matériel et Méthodes : Il s’agit d’une étude observationnelle cas-témoin multicentrique menée entre juin 2024 et août 2025. Des auto-questionnaires ont été distribués au CHU de Rennes et par des professionnelles de santé libérales d’Ille-et-Vilaine et des Côtes-d’Armor, à des femmes suivies en parcours d’AMP (groupe AMP) et à des femmes fertiles au cours de leur suivi gynécologique (groupe Gyn). Résultats : Nous avons inclus 108 femmes dans le groupe cas et 111 pour les témoins. La prévalence des violences au cours de la vie était significativement moins élevée chez les femmes du groupe AMP comparée à celles du groupe Gyn (45 % vs 68 %, OR 0.41, p < 0,01) mais elle restait plus importante que celle rapportée par des enquêtes nationales en France. Certains sous-types de violences comme le viol ou la répétition d’évènements étaient plus fréquents chez les femmes du groupe AMP sans que cela soit significatif. Seule 1 femmes sur 10 dans chaque groupe avait révélé ce vécu de violences à un×e soignant×e alors qu’elles étaient en grande majorité favorables à un dépistage systématique par les professionnel×les de santé. Et le taux d’infertilité inexpliquée était plus important chez les femmes du groupe AMP ayant vécu des violences. Conclusion : Si les résultats de cette étude ne montrent pas une prévalence des violences sexuelles et/ou conjugales plus élevée chez les femmes suivies en AMP, ils alertent sur une situation loin d’être anodine et susceptible d’impacter le parcours d’infertilité. C’est donc un argument majeur pour inciter à l’effectivité du dépistage des violences dans les services d’AMP et pour lequel les professionnel×les de santé ont un rôle important à jouer.

Abstract : Background and Objectives: Histories of violence, particularly sexual and intimate partner violence, are unfortunately common in the general population, and their substantial impact on women’s health—especially on gynecological health—has been well established. However, their consequences in specific populations, such as women receiving medically assisted reproduction (MAR) care, remain largely understudied. This study therefore aimed to investigate the relationship between experiences of violence and infertility by comparing the prevalence of histories of sexual and/or intimate partner violence among women undergoing MAR with that among women without infertility. Materials and Methods: This multicenter observational case–control study was conducted between June 2024 and August 2025. Self-administered questionnaires were distributed at Rennes University Hospital and by community-based healthcare professionals in Ille-et-Vilaine and Côtes-d’Armor to women undergoing MAR treatment (MAR group) and to fertile women receiving routine gynecological care (Gyn group). Results: A total of 108 women were included in the case group and 111 in the control group. The lifetime prevalence of violence was significantly lower among women in the MAR group compared with those in the Gyn group (45% vs. 68%, OR 0.41, p < 0.01), although it remained higher than that reported in national surveys in France. Certain subtypes of violence, such as rape or repeated events, were more frequent among women in the MAR group, although these differences were not statistically significant. Only one in ten women in each group had disclosed their experience of violence to a healthcare professional, despite the majority expressing support for systematic screening by healthcare providers. Moreover, the rate of unexplained infertility was higher among women in the MAR group who had experienced violence. Conclusion: Although the results of this study do not show a higher prevalence of sexual and/or intimate partner violence among women undergoing MAR, they highlight a situation that is far from trivial and may influence infertility pathways. These findings support the need to strengthen screening for violence in MAR services, where healthcare professionals have an important role to play.