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| Parcours de soins après une suspicion de première crise d'épilepsie : étude rétrospective au CHU de Rennes (Care pathway following a suspected first epileptic seizure: retrospective study at Rennes University Hospital ) Leclerc, Clémence - (2025-10-02) / Universite de Rennes - Parcours de soins après une suspicion de première crise d'épilepsie : étude rétrospective au CHU de Rennes
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Langue : Français Directeur(s) de thèse: Bénard, Adrien Discipline : médecine Classification : Médecine et santé Mots-clés : neurologie, épilepsie, filière de soins, première crise
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Résumé : La survenue d’une première crise d’épilepsie représente un événement de vie marquant, source d’incertitudes diagnostiques et de répercussions dans la vie professionnelle et privée. Au sein du CHU de Rennes, une filière a été structurée afin organiser le parcours de soins du patient lors d’un épisode de malaise suspect de crise d’épilepsie. Cette thèse vise à décrire la prise en charge proposée, à la comparer aux recommandations nationales et à s’intéresser aux répercussions du malaise sur la vie du patient à distance de l’épisode. Méthodes : Cinquante-trois adultes adressés pour suspicion de première crise au secrétariat de neurologie du CHU entre mars et octobre 2024 ont été inclus dans une étude observationnelle, monocentrique rétrospective et prospective. Les données médicales recueillies ont été complétées par un entretien téléphonique standardisé entre 9 à 12 mois après l’épisode initial, permettant d’évaluer la qualité de vie, l’observance et les changements dans les habitudes de vie du patient. Résultats : Un diagnostic de crise d’épilepsie a été retenu chez la moitié des patients. Les délais d’accès à l’EEG et à la consultation neurologique sont supérieurs aux recommandations nationales. Les critères cliniques du malaise les plus discriminants pour orienter vers une origine épileptique sont la confusion post-critique et la morsure de langue. Au-delà des aspects cliniques, l’étude a révélé l’ampleur des répercussions psychosociales : près de 60% des patients avec diagnostic de maladie épileptique décrivent la crainte de récidiver, entraînant une vigilance accrue, des restrictions dans les activités quotidiennes et une modification de leur mode de vie. 30% des patients interrogés n’ont pas respecté l’interdiction de conduire, soulignant la tension entre impératifs médicaux et contraintes de la vie quotidienne. Enfin, la traçabilité des informations concernant la conduite automobile demeure insuffisante. Conclusion : La première crise d’épilepsie ne se limite pas à un événement médical isolé ; elle s’accompagne de répercussions psychologiques et sociales durables. La filière spécialisée offre un cadre structuré de prise en charge mais son efficacité dépend autant de la réduction des délais diagnostiques que de l’accompagnement global des patients. Toutefois, l’absence de données issues des consultations de neurologues libéraux limite la représentativité de cette cohorte ; leur intégration constituerait une étape essentielle pour obtenir une vision plus complète de la filière. Abstract : Introduction: The occurrence of a first epileptic seizure represents a significant life event, a source of diagnostic uncertainties and repercussions in professional and private life. Within the Rennes University Hospital, a system has been structured to organize the patient's care pathway during an episode of malaise suspected of an epileptic seizure. This thesis aims to describe the proposed management, to compare it with national recommendations and to focus on the repercussions of the malaise on the patient's life at a distance from the episode. Methods: Fifty-three adults referred for suspected first seizure to the neurology secretariat of the University Hospital between March and October 2024 were included in a retrospective and prospective single-center observational study. The medical data collected were supplemented by a standardized telephone interview between 9 and 12 months after the initial episode, allowing for the assessment of the patient's quality of life, compliance and changes in lifestyle habits. Results: A diagnosis of epileptic seizure was made in half of the patients. The time taken to access EEG and neurological consultation exceeded national guidelines. The most discriminating clinical criteria for malaise to suggest an epileptic origin were post-ictal confusion and tongue biting. Beyond the clinical aspects, the study revealed the extent of the psychosocial repercussions: nearly 60% of patients diagnosed with epilepsy described the fear of recurrence, leading to increased vigilance, restrictions in daily activities, and changes in their lifestyle. Thirty percent of the patients surveyed did not comply with the driving ban, highlighting the tension between medical imperatives and the constraints of daily life. Finally, the traceability of information regarding driving remains insufficient. Conclusion: A first epileptic seizure is not limited to an isolated medical event; it is accompanied by lasting psychological and social repercussions. The specialized sector offers a structured framework for care, but its effectiveness depends as much on reducing diagnostic delays as on overall patient support. However, the lack of data from consultations with private neurologists limits the representativeness of this cohort; their integration would be an essential step in obtaining a more comprehensive overview of the sector. | |||