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Le médecin généraliste et ses difficultés au dépistage de l'addiction à la cocaïne sur la ville de Rennes
(The general practitioner and the challenges of screening for cocaine addiction in the city of Rennes)

Grillon, Valentin - (2025-10-16) / Universite de Rennes - Le médecin généraliste et ses difficultés au dépistage de l'addiction à la cocaïne sur la ville de Rennes

Accéder au document : https://ged.univ-rennes1.fr/nuxeo/site/esupversion...

Langue : Français

Directeur(s) de thèse:  Nifenecker , Romain

Discipline : Médecine générale

Classification : Médecine et santé

Mots-clés : Médecine générale, Addiction, Cocaïne, Dépistage
Cocaïne
Toxicomanie  - Dépistage
Médecins généralistes‎


Résumé : Introduction : Les addictions posent, en France, un problème de santé publique majeur. Cette thématique interpelle les médecins généralistes car ils se retrouvent en première ligne. Cependant, cette activité est ressentie comme ingrate et nécessitant un engagement important de la part du médecin. Or, la cocaïne est actuellement la deuxième drogue illicite la plus consommée en France. Son marché présente une augmentation majeure depuis quelques années. L’objectif principal de cette étude est de déterminer les principales difficultés des médecins généralistes face au dépistage de l’addiction à la cocaïne. Les objectifs secondaires sont de recenser les démarches facilitant dépistage de cette addiction et de regrouper les propositions pour améliorer celui-ci. Matériel et Méthode : Il s’agit d’une étude qualitative par entretiens semi-dirigés, confidentiels et anonymes auprès de 10 médecins généraliste de la ville de Rennes. La saturation des données a été obtenue au bout du 7ème entretien. L’analyse s’est déroulée par pré-analyse des verbatims puis codification des verbatims et enfin regroupement des codes en thèmes. Résultats : Les freins au dépistage retrouvés durant les entretiens sont une méconnaissance du sujet, la perception que l’addictologie est une spécialité exigeante, un embarras pour aborder le sujet, un manque d’automatisme, une difficulté pour établir une population à risque, des modes de consommations divers, un manque de temps, la banalisation par les patients. Les propositions d’améliorations sont de meilleurs formations initiale et continue, instaurer une relation de confiance, inciter les patients par la prévention primaire, un interrogatoire type et l’abord du sujet via ses complications. Conclusion : Les principaux freins au dépistage de l’addiction à la cocaïne sont la faible connaissance de ce sujet, s’expliquant notamment par un manque de formation globale, la perception que l’addictologie est une spécialité exigeante avec un fort sentiment d’impuissance, l’impression d’un sujet tabou avec un embarras pour aborder cette thématique, la difficulté pour définir une population « à risque » et la variété des modes de consommation, la banalisation de la consommation de la part des patients et enfin un manque de temps en consultation. Afin de pouvoir aborder cette thématique plus facilement en consultation de médecine générale, il semble pertinent d’améliorer la formation initiale et continue, de pouvoir instaurer une relation de confiance avec les patients, d’inciter les patients à en parler d’eux-mêmes via des affiches en salle d’attente ou encore des campagnes de prévention nationales, de mettre en place des outils de dépistage tel que l’interrogatoire type et enfin d’améliorer l’accessibilité aux filières et structures de soin.

Abstract : Introduction: Addictions represent a major public health issue in France. This issue particularly concerns general practitioners, as they are on the front line. However, this activity is often perceived as ungrateful and requiring significant commitment from the physician. Cocaine is currently the second most widely used illicit drug in France. Its market has experienced a major increase in recent years. The main objective of this study is to identify the main difficulties encountered by general practitioners in screening for cocaine addiction. The secondary objectives are to identify approaches that facilitate such screening and to collect proposals for improving it. Materials and Methods: This is a qualitative study based on semi-structured, confidential, and anonymous interviews conducted with 10 general practitioners in the city of Rennes. Data saturation was reached after the 7th interview. The analysis was carried out through a pre-analysis of the verbatims, followed by coding, and then grouping the codes into themes. Results: The barriers to screening identified during the interviews were: lack of knowledge of the subject, the perception that addictology is a demanding specialty, discomfort in addressing the subject, lack of reflexes, difficulty in identifying at-risk populations, diverse patterns of use, lack of time, and trivialization of cocaine use by patients. Proposals for improvement included better initial and continuing medical education, establishing a trust-based doctor–patient relationship, encouraging patients through primary prevention, developing a standardized interview framework, and approaching the subject via its complications. Conclusion: The main barriers to screening for cocaine addiction are limited knowledge of the topic—largely due to insufficient overall training—the perception of addictology as a demanding specialty associated with a strong sense of helplessness, the taboo nature of the subject creating discomfort in addressing it, difficulties in defining an “at-risk” population, the diversity of consumption patterns, trivialization by patients, and lack of consultation time. To facilitate the discussion of this issue in general practice, it appears relevant to improve both initial and continuing medical education, strengthen trust-based relationships with patients, encourage patients to speak up through waiting-room posters or national prevention campaigns, implement screening tools such as standardized interviews, and finally improve access to care pathways and specialized treatment structures.