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Le recours au dépistage des infections sexuellement transmissibles chez les 15-24 ans en Centre-Bretagne (The use of screening for sexually transmitted infections among 15-24 year olds in Central Brittany) Falher, Alexia - (2024-09-17) / Universite de Rennes - Le recours au dépistage des infections sexuellement transmissibles chez les 15-24 ans en Centre-Bretagne
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Langue : Français Directeur(s) de thèse: Bellec, Laurent Discipline : Médecine Générale Classification : Médecine et santé Mots-clés : Infections sexuellement transmissibles, dépistages, connaissances, lycéen(s)(ne(s))
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Résumé : Contexte : Les infections sexuellement transmissibles sont un problème majeur de santé publique, afin de diminuer leur incidence, nous devons informer les populations de l’intérêt de les dépister et de les traiter, et ce notamment chez les jeunes qui sont la catégorie la plus touchée et qui semblent être une cible privilégiée pour faire de la prévention. Cependant, pour les jeunes vivant en centre-bretagne, région éloignée des lieux de soins et appauvrie en professionnels de santé l’accès à l’information et aux dépistages semble être encore plus difficile. Objectif : Évaluer l’accès au dépistage des IST en fonction des caractéristiques des lycéens. Les objectifs secondaires sont d’évaluer les connaissances des jeunes sur les IST, de cibler les populations prioritaires au dépistage et d’évoquer les moyens pour faciliter l’accès au dépistage. Méthode : étude quantitative, prospective, multicentrique. 447 élèves ont été inclus venant de 5 lycées du Centre- Bretagne. Les données ont été recueillies à l’aide d’un questionnaire anonyme et individuel. Pour l’analyse statistique, les données qualitatives ont été comparés selon le test du Chi-2, les données quantitatives selon le test T de student ou le test de Mann-Whitney selon la nature de la distribution. Le test de Kruskal-Wallis a été utilisé pour comparer les moyennes si plus de 2 groupes sont concernés. Le risque alpha a été fixé à 5%, il n'a pas été réalisé d'ajustement sur les comparaisons multiples. Résultats : 370 questionnaires analysés. Les facteurs influençant l’accès au dépistage avec une différence significative sont l’âge <18 ans (p<0,05), être issu d’un lycée de zone urbaine (p<0,05), la filière d’étude professionnelle (p<0,05), le fait de n’avoir jamais eu de rapport sexuel (p<0,05) et ne pas disposer d’un véhicule personnel (p<0,05). Les élèves ayant bénéficié d’une intervention scolaire ont de meilleures connaissances. Les élèves les plus jeunes et ceux de filière professionnelle semblent être des cibles prioritaires. Pour faciliter l’accès au dépistage, les jeunes souhaitent un endroit accessible et bienveillant, sans créneau horaire en particulier. Ils préfèrent que le professionnel de santé aborde le sujet, d’ailleurs le médecin généraliste serait la personne idéale pour aborder le sujet. Conclusion : Les jeunes de 15 à 24 ans sont une population idéale pour aborder la santé sexuelle. Des profils d’élèves « prioritaires » se distinguent et nécessitent de recevoir davantage d’informations. En effet, encore trop peu d’élèves pouvant relever d’un dépistage en ont réalisé un au cours de leur vie. Cela est plus marqué chez les garçons, les élèves plus jeunes, ceux issus de lycées urbains, ou de filière professionnelle, lorsqu’ils n’ont pas bénéficié d’intervention scolaire antérieure ou encore chez les élèves qui ne disposent pas de véhicule personnel. Les jeunes effectuent davantage de dépistages suite à une sollicitation. Il ne semble pas que cela soit en lien avec une méconnaissance des IST, ni de leurs moyens de prévention. Il faut poursuivre les efforts sur l’éducation à la sexualité au sein des établissements scolaires. Il est nécessaire aussi de développer la bienveillance dans ce domaine, être à l’écoute, continuer de promouvoir l’intérêt du dépistage tout en facilitant son accès, notamment pour les jeunes éloignés des centres urbains. Enfin, il ne faut pas oublier le rôle des professionnels de santé, le médecin généraliste, les sage-femmes et gynécologues qui demeurent des acteurs majeurs. Il faut aller vers eux, proposer des dépistages que ce soit en abordant le sujet en consultation ou en intervenant directement dans les établissements. Abstract : Context: Sexually transmitted infections are a major public health problem. In order to reduce their incidence, we must inform populations of the benefit of screening and treating them, particularly among young people who are the most affected category, and which seem to be a preferred target for prevention. However, for young people living in central Brittany, a region far from places of care and impoverished in health professionals, access to information and screening seems to be even more difficult. Objective: Evaluate access to STI screening based on the characteristics of high school students. The secondary objectives are to assess young people's knowledge about STIs, to target priority populations for screening and to discuss ways to facilitate access to screening. Method: quantitative, prospective, multicenter study. 447 students were included from 5 high schools in Central Brittany. The data was collected using an anonymous and individual questionnaire. For statistical analysis, the qualitative data were compared according to the Chi-square test, the quantitative data according to the Student's T test or the Mann-Whitney test depending on the nature of the distribution. The Kruskal-Wallis test was used to compare means if more than 2 groups were involved. The alpha risk was set at 5%; no adjustment was made for multiple comparisons. Results: 370 questionnaires analyzed. The factors influencing access to screening with a significant difference are age <18 years (p<0.05), being from a high school in an urban area (p<0.05), professional study path (p<0.05), the fact of never having had sexual intercourse (p<0.05) and not having a personal vehicle (p<0.05). Students who benefited from school intervention have better knowledge. The youngest students and those in vocational fields seem to be priority targets. To facilitate access to screening, young people want an accessible and caring place, without a particular time slot. They prefer that the health professional broach the subject, in fact the general practitioner would be the ideal person to broach the subject. Conclusion: Young people aged 15 to 24 are an ideal population to address sexual health. “Priority” student profiles stand out and require more information. In fact, still too few students eligible for screening have carried out one during their lives. This is more marked among boys, younger students, those from urban high schools, or from vocational courses, when they have not benefited from previous school intervention or even among students who do not have a personal vehicle. Young people carry out more screenings following a request. It does not seem that this is linked to a lack of knowledge of STIs, nor of their means of prevention. We must continue efforts on sexuality education within schools. It is also necessary to develop goodwill in this area, to listen, to continue to promote the value of screening while facilitating its access, particularly for young people far from urban centers. Finally, we must not forget the role of health professionals, the general practitioner, midwives and gynecologists who remain major players. We must approach them, offer screenings, whether by broaching the subject in consultation or by intervening directly in establishments. |